G.R.E.C.

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
mail
Port-vendres et Collioure
Jeudi, 05 Octobre 2017 07:30 - Jeudi, 05 Octobre 2017 19:00
Voyages
 

Description

               Le jeudi 5 octobre 2017, nous nous retrouvons 38 membres du GREC à la gare des cars de Clermont, pour aller passer la journée à Collioure. Deux heures de trajet sont prévues pour arriver à bon… port, c'est à dire à "Portus Veneris", Port-Vendres, le port de Vénus des Romains.

Là, un petit train nous attend, et nous mène, bon train, au pied du Château royal de Collioure

. Après avoir  contempler les 1ers plans immédiats du port, des façades de ses maisons qui rutilent sous le soleil et dont l'harmonie et les couleurs ont inspiré les peintres du fauvisme : Derain, Camoin, Matisse…, pour n'en citer que trois, c'est Pascal, le guide, qui nous présente, avec verve et conviction, ce Château à la longue histoire qu'il nous  commente tout en visitant le château :

le château existe déjà en 673, époque Wisigothique, ce qui atteste  sa position d'abord stratégique, puis commerciale.  Pascal nous fait remarquer, en particulier, que si le Château est en assez bon état, c'est qu'il a été, dans un passé récent, et durant plusieurs années, occupé par l'Armée qui l'a entretenu. Collioure abrite le siège d'une formation de commandos dont nous avons vu, quand nous sortions du Château, un petit groupe en tenue de combat, les traits déjà tirés par le rythme de l'exercice, le visage brillant de sueur, porteurs d'un barda qui semblait avoisiner les vingt kilos, en train de courir au petit trot les uns derrière les autres.

               Après l'époque Wisigothique, les templiers y construisent une maison sur les terrains que leur cède le propriétaire d'alors (?) dans l'enceinte castrale. Le château passe ensuite aux mains : des Comtes du Roussillon, puis des différents rois qui se succèdent en Roussillon : rois d'Aragon de 1172 à 1276, puis rois de Majorque jusqu'en 1343, période pendant laquelle le château est entièrement reconstruit entre 1242 et 1280, construction qui fait disparaître la maison templière, et qui redonne au château son rôle de résidence royale.

               Dans des coins, Pascal nous fait remarquer des boulets entassés, boulets de pierre pour certains qui peuvent peser jusqu'à 200kg et que l'on ne pouvait donc lancer qu'avec un trébuchet. Ils ont souvent été trouvés au fond des eaux du port, de même que les boulets de fer, très déformés par la rouille souvent, et dont certains révélaient une chambre interne où était vidée une gargousse de poudre à laquelle une mèche mettait le feu avant le lancer.

               Puis le château redevient forteresse et dès 1490, les murailles médiévales sont renforcées. Au XVIème, les travaux s'intensifient sous le règne de Charles Quint. Son successeur, le prince héritier Philippe II élargit la défense du site, projet que l'empereur n'eut pas le temps de réaliser semble-t-il,  en lui adjoignant, entre autres, le Fort St. Elme sur un sommet qui domine Collioure et que nous visiterons cet après-midi, la Tour Madeloque plus loin encore sur les crêtes, et surtout, la forteresse du Palais des Rois de Majorque à Perpignan dont certains éléments d'architecture ont été transportés au Château royal.

               Au XVIIème siècle, Vauban  surélève les remparts, construit l'entrée actuelle du fort, réaménage trois bastions et crée la "demi-lune" qui est une forteresse à elle seule. Pour créer cette forteresse, la vieille ville de Collioure, habitée depuis l'antiquité par des Grecs, des Carthaginois, des Romains, plus tard par des Wisigoths et des Omeyades, fut détruite avec son enceinte médiévale.

               Au XXème siècle, le château est transformé en prison (mars 1939), devient le 1er camp disciplinaire pour les réfugiés de la "retirada" après la fin de la guerre civile espagnole. On sait que d'autres furent internés au camp de concentration d'Argelès-sur-Mer et au camp de Rivesaltes.

               Sortis du château, nous arrivons assez vite, par les petites rues, à l'Office de Tourisme où l'on nous scinde en deux groupes  pour visiter la ville : notre guide, une jeune femme enthousiaste et passionnée par le fauvisme, un peu désordonnée dans ses propos, nous commente surtout l'histoire des Fauves à Collioure, et deux ou trois tableaux entre autres, de Matisse, de Derain, qui émaillent, çà et là, les murs et les façades. Elle a pourtant le temps de nous dire l'essor économique de la ville tout au long du XIXème siècle, dû surtout au succès des anchois de Collioure, et du vin des coteaux (appellation Banyuls). Quelques pas dans les petites ruelles tranquilles et fleuries, et, le temps passant, il faut penser à manger : elle nous ramène vers le Château que nous contournons par la gauche, sous la demi-lune, ce qui nous fait arriver au "Port d'Aval" (prononcer "availl", avec le "l" bien mouillé à la catalane). Tandis que nous longeons cette anse, elle est traversée à la nage, par les jeunes gens du commando de tout à l'heure, toujours harnachés de leur "battle dress" et de leur barda.

               Le restaurant est le "Jardin de Collioure" où la guide nous quitte, et où nous mangeons dans une cour intérieure délicieusement ombragée. L'entrée du repas consiste bien sûr en anchois préparés à la catalane, c'est à dire nettoyés et macérés crus dans du vinaigre…, anchois dont on sait bien qu'ils ne proviennent plus des eaux de Collioure, mais de celles du Maroc, ou d'Argentine…, ou d'ailleurs.

               Sortis du restaurant, nous retournons tranquillement  vers le Centre où nous allons visiter

l'église ND de l'Assomption (que les Colliourencs appellent plus volontiers l'église des Anges, en référence aux anges qui, dans le retable principal, entourent la statue de la vierge) dont Renée nous explique les nombreux retables, et dont le clocher, ancienne tour de guet de l'époque majorquine, est peut-être le représentant le plus populaire, le plus connu et le plus photographié de Collioure.

               Retour au pied du Château royal, où nous attendons que le petit train – dont les deux derniers wagons nous sont réservés – nous amène au Fort St. Elme.

Lorsque, quelques minutes après, il aborde gaillardement, entre les dernières maisons de Collioure, la petite rue bien pentue qui débute cette montée vers le sommet, quelques petits cris d'étonnements s'élèvent parmi nous. D'autres exclamations amusées se font aussi entendre lorsque le petit train, pas très bien suspendu il faut le dire,  franchit sans hésitations, quelque caniveau qui traverse le chemin, ou quelque nid de poule. Mais les cris se font de plus en plus rares, car au fur et à mesure de la montée au milieu des vignes en terrasses parfois escarpées, un magnifique paysage se dévoile sur la mer, sur Collioure et ses deux anses,  sur Port-Vendres bien sûr moins pittoresque, et, de l'autre côté, sur les montagnes bien découpées, piquetées parfois par une vieille tour de guet, et dont les lointains se fondent en une harmonie de bleus tendre et de mauve estompé.

 

               Montée au Fort : végétation bien méditerranéenne où les yeuses semblent dominer. Dans la petite cour d'entrée encaissée, le rocher qui soutient un mur est couvert de lichens dorés remarquables. Et là, nous terminons en beauté cette journée, car la petite guide catalane qui nous fait visiter le Fort, très structurée dans ses propos, claire et décidée, fait l'unanimité parmi nous.

La 1ère salle où nous entrons est la salle des casques qui, appliqués au mur sur trois rangs, portent des noms parfois truculents. Elle nous en explique les évolutions, ceux de la 3ème rangée par exemple, portant tous un prolongement sur la nuque pour protéger celle-ci de coups qui avaient dû faire, auparavant  des dégâts. Dans les coins, des couleuvrines, escopettes et autres arquebuses… Plus loin, une petite salle au plafond bas présente toute une série d'épées, de lances et de dagues ; elle nous explique qu'elles étaient utilisées dans des combats à deux mains, la main gauche portant la dague et la droite l'épée (l'estoc ?). Elle nous explique aussi que la dague était souvent empoisonnée, et que quand le poison faisait défaut, celle-ci était enduite d'excréments qui provoquaient souvent la mort par septicémie… Dieu que ces âges étaient pleins de joyeusetés ! Mais les nôtres le sont-ils moins ? Une autre petite salle présente des cottes de maille de petite taille et des boucliers ronds itou : c'étaient les harnachements des Janissaires, ces jeunes esclaves chrétiens qui ont formé un corps d'élite par leur cohésion et leur dévouement au sultan… Nous buvons les paroles de notre guide, mais le temps passe et la visite se termine. Après l'avoir joyeusement saluée, nous la quittons et rejoignons le petit train qui nous mène à Port-Vendres où nous reprenons notre bus. La nuit tombe – et nous avec, peut-être – quand nous arrivons dans notre plaine.

 

               En conclusion, une journée magnifique, intéressante et enrichissante que nous ont préparé et animé avec beaucoup d'efficacité, minutie et  à-propos, une équipe des membres du GREC qui était là, et qui nous a fait partager sa passion pour la Culture et la connaissance de notre pays.

 

Calendrier

< Octobre 2017 >
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
 Randonnées
 Voyages

Identification